Le blog : salut Olivier. Tu nous racontes ta semaine ?
Olivier : Vendredi, pause piscine assez sympa ; cela permet d'évacuer le stress. Ensuite, je suis parti à l'association de quartier pour jouer au badminton avec les gamins du quartier. Manque de pot, ce soir là, il y avait le thé dansant du quartier ; J'ai eu le malheur de dire que, s'il y avait une valse, j'irais danser. J'avais à peine le dos tourné qu'ils ont mis une valse de Strauss, la plus tradi avec la chantilly et tout ça. C'était très amusant, ces regards qui se demandait ce que faisait ce jeune au milieu de tous ces anciens !
Le soir, j'ai eu un appel urgent d'une étudiante menacée d'expulsion. Elle me demandait une lettre de recommandation. J'ai pris le temps de le faire car si cette jeune fille retourne dans son pays, cela équivaut à une quasi menace de mort !
Le blog : la question des sans-papiers te met dans quel état intérieur ?
Olivier : Quelquefois, j'ai un sentiment de honte par rapport à la politique actuelle. Également, parfois, tu as l'impression de ramer ! On met en œuvre la solidarité mais cela a ses limites. On arrive humainement à une barrière, le sentiment d'une impuissance. Je pense à une copine qui s'occupe de personnes sorties de prison. Quand le gars sort de son bureau, elle lui souhaite bon courage, mais cela finit parfois par lui peser. Comme elle dit : « J'en ai marre de souhaiter bon courage. Moi je vais rentrer chez moi, mais pas le gars. Alors oui, bon courage, mais après !!! »
Le blog : tu m'as dit que tu tenais une correspondance avec un condamné à mort !

Olivier : Oui, il est au Texas. C'est un travail de partenariat. Avec 5-6 amis, on a fondé une sorte de « société ». C'est un petit groupe où on prie tous les jours pour deux condamnés à mort. On s'appelle « la compagnie de la rose blanche », en mémoire de ce groupe oecuménique, la "rose blanche", des jeunes résistants allemands à Munich pendant la guerre. en 1942 Ils distribuaient des tracts contre les Nazis, ils ont été arrêtés. J'étais ado quand j'ai vu un documentaire sur eux, cela m'avait marqué.
On renouvelle un engagement pour un an. On le fait le vendredi saint, c'est par rapport à la croix. On part de la phrase de l'évangile : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font », à cause de ce groupe de la rose blanche, œcuménique, qui s'était engagé par rapport au vendredi saint. Si quelqu'un a offert sa vie totalement, c'est le Christ, sur la croix, pour qu'il n'y ait plus d'assassinat et de peine inutile !
En plus de ce temps de prière, il y a la correspondance avec le condamné. C'est une correspondance gratuite, un partage d'amitié. Le gars avec qui je suis en lien est entré en prison à 22 ans. Il en a 32 !
Le blog : Comment cela te fait grandir dans ta découverte du Dieu de Jésus-Christ ?
Olivier : L'humanité de Dieu, au sens large du terme, son amour... mais les mots sont piégés... Plutôt, son humanité : Dieu appelle l'homme à devenir Dieu.
... Le reste de la semaine, ça a été une soirée pizza !

Olivier : Vendredi, pause piscine assez sympa ; cela permet d'évacuer le stress. Ensuite, je suis parti à l'association de quartier pour jouer au badminton avec les gamins du quartier. Manque de pot, ce soir là, il y avait le thé dansant du quartier ; J'ai eu le malheur de dire que, s'il y avait une valse, j'irais danser. J'avais à peine le dos tourné qu'ils ont mis une valse de Strauss, la plus tradi avec la chantilly et tout ça. C'était très amusant, ces regards qui se demandait ce que faisait ce jeune au milieu de tous ces anciens !
Le soir, j'ai eu un appel urgent d'une étudiante menacée d'expulsion. Elle me demandait une lettre de recommandation. J'ai pris le temps de le faire car si cette jeune fille retourne dans son pays, cela équivaut à une quasi menace de mort !
Le blog : la question des sans-papiers te met dans quel état intérieur ?
Olivier : Quelquefois, j'ai un sentiment de honte par rapport à la politique actuelle. Également, parfois, tu as l'impression de ramer ! On met en œuvre la solidarité mais cela a ses limites. On arrive humainement à une barrière, le sentiment d'une impuissance. Je pense à une copine qui s'occupe de personnes sorties de prison. Quand le gars sort de son bureau, elle lui souhaite bon courage, mais cela finit parfois par lui peser. Comme elle dit : « J'en ai marre de souhaiter bon courage. Moi je vais rentrer chez moi, mais pas le gars. Alors oui, bon courage, mais après !!! »
Le blog : tu m'as dit que tu tenais une correspondance avec un condamné à mort !

Olivier : Oui, il est au Texas. C'est un travail de partenariat. Avec 5-6 amis, on a fondé une sorte de « société ». C'est un petit groupe où on prie tous les jours pour deux condamnés à mort. On s'appelle « la compagnie de la rose blanche », en mémoire de ce groupe oecuménique, la "rose blanche", des jeunes résistants allemands à Munich pendant la guerre. en 1942 Ils distribuaient des tracts contre les Nazis, ils ont été arrêtés. J'étais ado quand j'ai vu un documentaire sur eux, cela m'avait marqué.
On renouvelle un engagement pour un an. On le fait le vendredi saint, c'est par rapport à la croix. On part de la phrase de l'évangile : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font », à cause de ce groupe de la rose blanche, œcuménique, qui s'était engagé par rapport au vendredi saint. Si quelqu'un a offert sa vie totalement, c'est le Christ, sur la croix, pour qu'il n'y ait plus d'assassinat et de peine inutile !
En plus de ce temps de prière, il y a la correspondance avec le condamné. C'est une correspondance gratuite, un partage d'amitié. Le gars avec qui je suis en lien est entré en prison à 22 ans. Il en a 32 !
Le blog : Comment cela te fait grandir dans ta découverte du Dieu de Jésus-Christ ?
Olivier : L'humanité de Dieu, au sens large du terme, son amour... mais les mots sont piégés... Plutôt, son humanité : Dieu appelle l'homme à devenir Dieu.
... Le reste de la semaine, ça a été une soirée pizza !

"L'humanité de Dieu, au sens large du terme, son amour... mais les mots sont piégés...Plutôt son humanité..."
RépondreSupprimerTiens, tu me fais penser à ces mots de A. Gesché : "Dieu et l'homme deviennent métaphore l'un de l'autre"... et à Noël, la métaphore n'aquiert-elle pas une formidable transparence de sens?