Le blog : Alors Olivier, quoi de neuf ?
Olivier : Avec quelques personnes de la paroisse, nous avons été à Budapest, dans le cadre d'un futur partenariat~échange avec notre paroisse. C'est une ville impressionnante, notamment par son histoire récente !
J'ai été marqué de voir tout ce qu'un pays, notamment les chrétiens, ont pu souffrir du temps du communisme ! Le prêtre que l'on a rencontré, par exemple, a fait huit ans de prison. Combien ce pays a souffert, et comment ils se sont relevés. On a visité le musée de la terreur : c'est tout ce qui s'est vécu par ce peuple ; par exemple tu as des photos de tous ces jeunes qui se sont mobilisés pour défendre leurs droits, et l'Église qui a été une Église de martyres, de même que certains hommes politiques.
C'était impressionnant de découvrir ce pays qui, de fait, a été allié de l'Allemagne nazie durant la guerre, et de voir à quel point, par la suite, il a souffert parce qu'on s'est vengé, parce qu'on a voulu lui faire « payer sa traîtrise ». Comme jeune Occidental, cela m'a mis mal à l'aise.
Le blog : Autre point que tu retiens de ton vécu récent?
Olivier : Oui, une rencontre difficile qui a été pour moi une grande souffrance ! L'autre soir en sortant de la gare, j'ai été abordé par une femme, la quarantaine, visiblement pas en forme, très maigre, et habillée tout en noir. Elle avait déjà abordée quelqu'un avant moi. Elle avait une cigarette à la main, et un portable. Je me suis dit : ce n'est pas une SDF, elle doit demander son chemin.
Quand elle s'est approchée, j'ai vu à son visage que cela n'allait pas. Elle sentait l'alcool et le vomi. Elle m'a tendu de l'argent en me disant discrètement : "Pourriez-vous s'il vous plaît m'acheter à boire ?"
Je me suis dit : ce n'est pas que je ne veux pas mais bon... J'ai hésité et j'ai fin par dire : " Euh ! Vous voulez que je vous prenne à boire de l'eau ?" - "Non ! de l'alcool..." J'étais très mal à l'aise et j'ai dit : "Je suis désolé mais je ne peux pas ! Je ne peux pas !". Et je suis parti, presque en m'enfuyant.
L'odeur, ce visage de souffrance... De retour chez moi, je me suis dit : "Mais qu'est-ce que je pouvais faire ? Qu'est-ce que j'aurais pu faire ?" Ça a été une source de souffrance pour moi : c'est terrible de se sentir impuissant face à la misère !
Le plus drôle quand j'y repense - enfin ! si je peux me permettre - c'est ma première impression : de loin, j'ai vu une femme avec une cigarette et un portable, bref une personne "normale". Et c'est incroyable car la première impression nous place sur un registre bien précis. Il aurait s'agit d'une femme en guenille, SDF, je me serais mis dans l'attitude de celui-qui-fait-preuve-de-compassion, ou au contraire de celui-qui-se-détourne-pour-ne-pas-être-dérangé ! Mais là, je me suis "fait avoir" : elle avait un portable, donc elle était "civilisée" ! C'est là où j'ai été surpris. Drôle de rencontre !
Avec douceur, je me revois dire : "Une bouteille d'eau ?" Tu parles ! Je savais bien ce qu'elle allait me répondre ! Mais là, devant ce visage de la souffrance ! C'est la seule réponse que je pouvais donner. Mais je reste insatisfait. C'est terrible de se sentir démuni, sans réponse face à la misère !
Olivier : Avec quelques personnes de la paroisse, nous avons été à Budapest, dans le cadre d'un futur partenariat~échange avec notre paroisse. C'est une ville impressionnante, notamment par son histoire récente !
J'ai été marqué de voir tout ce qu'un pays, notamment les chrétiens, ont pu souffrir du temps du communisme ! Le prêtre que l'on a rencontré, par exemple, a fait huit ans de prison. Combien ce pays a souffert, et comment ils se sont relevés. On a visité le musée de la terreur : c'est tout ce qui s'est vécu par ce peuple ; par exemple tu as des photos de tous ces jeunes qui se sont mobilisés pour défendre leurs droits, et l'Église qui a été une Église de martyres, de même que certains hommes politiques.
C'était impressionnant de découvrir ce pays qui, de fait, a été allié de l'Allemagne nazie durant la guerre, et de voir à quel point, par la suite, il a souffert parce qu'on s'est vengé, parce qu'on a voulu lui faire « payer sa traîtrise ». Comme jeune Occidental, cela m'a mis mal à l'aise.
Le blog : Autre point que tu retiens de ton vécu récent?
Olivier : Oui, une rencontre difficile qui a été pour moi une grande souffrance ! L'autre soir en sortant de la gare, j'ai été abordé par une femme, la quarantaine, visiblement pas en forme, très maigre, et habillée tout en noir. Elle avait déjà abordée quelqu'un avant moi. Elle avait une cigarette à la main, et un portable. Je me suis dit : ce n'est pas une SDF, elle doit demander son chemin.
Quand elle s'est approchée, j'ai vu à son visage que cela n'allait pas. Elle sentait l'alcool et le vomi. Elle m'a tendu de l'argent en me disant discrètement : "Pourriez-vous s'il vous plaît m'acheter à boire ?"
Je me suis dit : ce n'est pas que je ne veux pas mais bon... J'ai hésité et j'ai fin par dire : " Euh ! Vous voulez que je vous prenne à boire de l'eau ?" - "Non ! de l'alcool..." J'étais très mal à l'aise et j'ai dit : "Je suis désolé mais je ne peux pas ! Je ne peux pas !". Et je suis parti, presque en m'enfuyant.
L'odeur, ce visage de souffrance... De retour chez moi, je me suis dit : "Mais qu'est-ce que je pouvais faire ? Qu'est-ce que j'aurais pu faire ?" Ça a été une source de souffrance pour moi : c'est terrible de se sentir impuissant face à la misère !
Le plus drôle quand j'y repense - enfin ! si je peux me permettre - c'est ma première impression : de loin, j'ai vu une femme avec une cigarette et un portable, bref une personne "normale". Et c'est incroyable car la première impression nous place sur un registre bien précis. Il aurait s'agit d'une femme en guenille, SDF, je me serais mis dans l'attitude de celui-qui-fait-preuve-de-compassion, ou au contraire de celui-qui-se-détourne-pour-ne-pas-être-dérangé ! Mais là, je me suis "fait avoir" : elle avait un portable, donc elle était "civilisée" ! C'est là où j'ai été surpris. Drôle de rencontre !
Avec douceur, je me revois dire : "Une bouteille d'eau ?" Tu parles ! Je savais bien ce qu'elle allait me répondre ! Mais là, devant ce visage de la souffrance ! C'est la seule réponse que je pouvais donner. Mais je reste insatisfait. C'est terrible de se sentir démuni, sans réponse face à la misère !

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