samedi 20 décembre 2008

Le blog : raconte-moi ta semaine !

J'ai eu une rencontre de préparation au mariage avec des jeunes. Ce qui était intéressant, c'était de prendre le temps de voir leur parcours, comment ils se sont rencontrés. C'est beau d'avoir pris ce temps-là. Il y a toujours les petites anecdotes. Ils se corrigent dans leurs souvenirs : « - Nous nous sommes rencontrés tel jour... - Mais non, pas ce jour-là, rappelle-toi ». A travers ces détails qu'on veut corriger, c'est beau, l'amour qui transparaît : qui a séduit l'autre le premier... L'un dit: « Moi j'étais trop timide, c'est un autre qui a arrangé le coup ! » C'est beau...

Puis, samedi soir, fête avancée de Noël. La célébration a été animée par les Scouts et les gens de la paroisse dans un temps convivial où tout le monde s'est retrouvé. On a vendu des plumes d'anges. C'est une action humanitaire sur la ville de Strasbourg : avec dix plumes d'ange, tu peux acheter un duvet pour un gars de la rue !

Dimanche, j'ai été mangé avec la communauté coréenne qui se réunissait pour préparer Noël, dans un restaurant coréen tenu par des chrétiens. Le soir, rencontre avec un copain. On a parlé de nos vies. Pourquoi s'est-on engagé ? A cause de quoi ? Qu'est-ce qui nous fait vivre ? Lui est policier municipal. Il dit : au moins, je sers à quelque chose. Humainement, on aide les gens. Et puis on a parlé de son vécu, la relation avec les copines, avec les filles. Comment aimer de nos jours ? Comment découvrir l'amour, ne pas être prisonnier ? Un partage tout simple bien sympa, autour d'une boîte de Kinder. Il a toujours des Kinder en réserve ! J'adore ça.

Lundi, réunion de l'ACAT (Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture). C'est beau de voir des gens se battre pour une conviction. Un des gars engagés était autrefois astronome au Chili, sous la dictature. Il y avait des disparitions, il voyait des gens partir dans des Jeep, et qui ne revenaient pas. Je me rappelle, on l'avait invité à témoigner. Il nous a dit : je ne suis pas heureux de ce que je fais. Normalement, on ne devrait pas avoir à manifester contre la torture car il ne devrait pas y en avoir. Et donc je ne suis pas heureux de faire cela, mais il faut le faire ! Et ce qui me rend heureux, c'est de rencontrer d'autres personnes qui vivent cela, qui ont envie de se battre.

Hier rencontre avec le curé et un vicaire de la paroisse. On prend un temps par mois au petit déjeuner ; on a pris un texte sur les prophètes. Comment l'église peut être prophétique aujourd'hui ?

Le blog : ta réponse ?

Bon ! Dans ma foi chrétienne, j'ai été fait « prêtre », « prophète » et « roi », mais enlevé le côté théologique, être prophète, c'est la question de savoir si j'ai le courage de dénoncer les injustices ! C'est comme cela que je me retrouve militant des droits de l'Homme. Quand je faisais mes études, ce qui m'a aidé, c'était les étudiants qui venaient de pays où ils étaient menacés de mort. Ils venaient ici pour ce diplôme universitaire sur les Droits de l'Homme, en sachant que chez eux, ils risquaient leur vie. Je pense également à une copine qui a fait un Master Dess dans le même domaine. Finalement, elle est devenue institutrice, en disant : le meilleur moyen d'éduquer aux Droits de l'Homme, c'est d'être instit !

Le blog : Qu'est-ce qui t'a ému cette semaine ?

Ce qui m'attriste, et aussi qui me fait peur, c'est cette histoire où on peut visiter la prison de Guantanamo par vidéo. Ils en ont parlé sur la page d'accueil du « Monde » ! Ce voyeurisme... Pas sûr que cela nous aide à avancer. Cela me fait peur.

La joie, c'est de voir comment les gens ont été capables de se déplacer, de se mettre en chemin : la rencontre de l'ACAT, les Scouts. Humainement, comment des gens se bougent pour faire vivre ce monde, être espérance pour ce monde.

vendredi 12 décembre 2008

Le blog : salut Olivier. Tu nous racontes ta semaine ?

Olivier : Vendredi, pause piscine assez sympa ; cela permet d'évacuer le stress. Ensuite, je suis parti à l'association de quartier pour jouer au badminton avec les gamins du quartier. Manque de pot, ce soir là, il y avait le thé dansant du quartier ; J'ai eu le malheur de dire que, s'il y avait une valse, j'irais danser. J'avais à peine le dos tourné qu'ils ont mis une valse de Strauss, la plus tradi avec la chantilly et tout ça. C'était très amusant, ces regards qui se demandait ce que faisait ce jeune au milieu de tous ces anciens !

Le soir, j'ai eu un appel urgent d'une étudiante menacée d'expulsion. Elle me demandait une lettre de recommandation. J'ai pris le temps de le faire car si cette jeune fille retourne dans son pays, cela équivaut à une quasi menace de mort !

Le blog : la question des sans-papiers te met dans quel état intérieur  ?

Olivier : Quelquefois, j'ai un sentiment de honte par rapport à la politique actuelle. Également, parfois, tu as l'impression de ramer ! On met en œuvre la solidarité mais cela a ses limites. On arrive humainement à une barrière, le sentiment d'une impuissance. Je pense à une copine qui s'occupe de personnes sorties de prison. Quand le gars sort de son bureau, elle lui souhaite bon courage, mais cela finit parfois par lui peser. Comme elle dit : « J'en ai marre de souhaiter bon courage. Moi je vais rentrer chez moi, mais pas le gars. Alors oui, bon courage, mais après !!! »

Le blog : tu m'as dit que tu tenais une correspondance avec un condamné à mort !

Olivier : Oui, il est au Texas. C'est un travail de partenariat. Avec 5-6 amis, on a fondé une sorte de « société ». C'est un petit groupe où on prie tous les jours pour deux condamnés à mort. On s'appelle « la compagnie de la rose blanche », en mémoire de ce groupe oecuménique, la "rose blanche", des jeunes résistants allemands à Munich pendant la guerre. en 1942 Ils distribuaient des tracts contre les Nazis, ils ont été arrêtés. J'étais ado quand j'ai vu un documentaire sur eux, cela m'avait marqué.

On renouvelle un engagement pour un an. On le fait le vendredi saint, c'est par rapport à la croix. On part de la phrase de l'évangile : « Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font », à cause de ce groupe de la rose blanche, œcuménique, qui s'était engagé par rapport au vendredi saint. Si quelqu'un a offert sa vie totalement, c'est le Christ, sur la croix, pour qu'il n'y ait plus d'assassinat et de peine inutile !

En plus de ce temps de prière, il y a la correspondance avec le condamné. C'est une correspondance gratuite, un partage d'amitié. Le gars avec qui je suis en lien est entré en prison à 22 ans. Il en a 32 !

Le blog : Comment cela te fait grandir dans ta découverte du Dieu de Jésus-Christ ?

Olivier : L'humanité de Dieu, au sens large du terme, son amour... mais les mots sont piégés... Plutôt, son humanité : Dieu appelle l'homme à devenir Dieu.

... Le reste de la semaine, ça a été une soirée pizza !

mardi 9 décembre 2008

J'ai revu un ami taïwanais qui était venu en France il y a 5 ans. J'ai été marqué par cette rencontre. Nous avons passé la soirée autour d'un vieux débat, celui de la mort dans les religions. Nous avions commencé il y a 5 ans autour d'un whisky... moi qui n'en bois jamais! Cette fois-ci, cela s'est fait autour d'un thé au gingembre : une soirée entière à parler de la mort, de l'éternité, de la réincarnation. Il faut être fou! Lui est bouddhiste. Il dit que dans une vie antérieure, comme il aime bien la France, peut-être a-t-il été Français? Moi je n'y crois pas vraiment mais si j'y croyais, qu'est-ce que j'aurais été dans une vie antérieure? Bonne question !

Au niveau national, la semaine est marquée par les élections aux prud'hommes. Je compte en parler aux étudiants avec qui je suis en contact. Beaucoup parmi eux travaillent. C'est important qu'ils sachent que des instances existent pour les protéger, défendre leurs droits. Je ne suis pas certain qu'ils en soient très conscients ! Comment peuvent-ils se défendre ?